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​​D'aussi loin que je me souvienne, glaner, modeler, fabriquer, dessiner, m'inventer des histoires en créant un monde bien à moi, c'était et c'est toujours comme respirer à plein poumon.

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Plasticienne de cœur et de formation, la magie de la chambre noire fût une révélation dès mes 17 ans après avoir découvert l'œuvre du photographe Brassaï et sa dualité ombre-lumière. La révélation photographique deviendra mon métier à Rio puis à Lisbonne. Cette dualité au sens propre comme au sens figuré marque mon travail artistique, qu'il soit photographique ou plastique. 

Diplômée de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne j'ai choisi l'enseignement en Espagne puis en Haute-Savoie. Mon atelier est au cœur de la vallée d'Usillon, à mi-chemin entre Annecy et Genève.

En 2019, j'ai rejoint le collectif GRAP'S d'Auvers-Sur-Oise qui regroupe des artistes plasticiens chercheurs. Puis en 2022 celui du collectif annécien L'art s'affiche. Depuis 2024 les artistes du territoire de Fillière sont appelés à rejoindre mon collectif A'PART. Ensemble, nous explorons des thématiques communes et mettons tout en œuvres pour apporter une sensibilité artistique à notre territoire.

 

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En reprenant les codes de couleurs des voies de circulation pédestres et routières, mon leitmotiv se dévoile : Je tends à représenter la saturation des territoires et des éléments qui les constituent par nos innombrables déplacements et intrusions dans le sauvage auquel nous n'appartenons plus et place le spectateur devant l'irréparable. 

 

Tout commence par une simple constatation : un chemin éventré par un véhicule, un champignon réduit à néant par un talon,  une haie tailladée ou arrachée, un écureuil ou un putois heurtés au bord de la route et laissés là, les moignons des platanes, les bulldozers dans les prairies, les coupes rases, les rivières que l'on contraint, les lotissements à la place des bosquets, les oiseaux dans les vitres. Et puis mon sage noyer centenaire tombé sur le flan par un coup de vent climatique et dévastateur.

 

​​Dans ma pratique, la gestuelle est mon parti-pris : Je ligote pour enfermer ou immobiliser, couds pour tracer, découds pour saccager. Efface pour mettre en exergue ce qui pourrait disparaître ou ce qu'il ne faut pas oublier. Je mets en terre aussi, pour rendre hommage, ce geste a fait de nous l'humanité depuis la nuit des temps. Ces gestuelles sommes toutes virulentes sont autant de cris de mises en gardes.

Souvent sombres, mon travail met en lumière une certaine beauté de la mort en maintenant un dialogue permanant avec la vie.

"Le monde est dans ma tête, mon corps est dans le monde" Paul Auster.

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© 2020 CélineBocquet Plasticienne

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